Afrique, Super ligue: une solution pour l’Afrique ?

Une semaine déjà s’est écoulée depuis que certaines Nations européennes se sont associées à l’UEFA et à la FIFA pour poser un véto à la création de la Super Ligue. Projet pourtant ambitieux aussi bien sur le plan sportif que financier, né de la volonté de 12 clubs européens super puissants, la compétition créée pour faire disparaître la LIGUE DES CHAMPIONS EUROPÉENNE déjà très lucrative, au bénéfice de plus d’argent et de spectacle ne connaîtra malheureusement pas l’issue escomptée. Mais peut être est-il temps maintenant qu’elle a été refoulée et mise au placard de l’étudier de plus prêt et d’en dégager du positif pour l’Afrique si positif il y en a.

Un concept de compétition fermée qui devrait se dérouler chaque année dès 2021, la Super Ligue telle que pensée se jouerait entre 20 équipes les plus grandes dont 15 permanentes parmis elles 12 déjà connues notamment le Réal Madrid, le FC Barcelone, la Juventus de Turin, Liverpool, Manchester United, Athletico de Madrid, Manchester City, Chelsea, l’AC Milan, Arsenal et l’inter Milan. Trois ne s’étaient encore dévoilées et les 5 autres invitées en fonction de leurs performances en championnat. Une telle compétition garantirait un spectacle hors du commun et permettrait aux équipes participantes de réaliser d’énormes bénéfices sur le plan financier. Selon Andréa AGNELI Président de la Juventus de Turin (Club Italien) un des membres fondateurs du tournoi mort né, la »Super Ligue » si jamais voyait le jour, serait la « meilleure compétition au monde ». Malheureusement elle n’a pas prosperée suite à la vague d’indignation suscitée sur le vieux continent.
Mais un tel projet auquel ne participerait qu’une poignée de clubs, qui générerait des revenus colossaux ne peut-il pas être organisé par la CAF? Et si la Super Ligue Européenne se transformait en SUPER LIGUE AFRICAINE cela pourrait-il être favorable au berceau de l’humanité ? Voyons quelques pistes.
– La Limitation de la vague de départs des footballeurs africains vers l’Europe et ailleurs.
En 2009, selon une étude réalisée par le magazine Afrique Football le nombre de footballeurs africains formé sur place qui évoluent hors de leur continent s’élève à 3 000. Onze ans plus tard en 2020 ce chiffre a quasi doublé. Une autre étude cette fois réalisée par le Centre International d’étude de Sport (CIES) en 2020, les 20 pays les plus exportateurs de footballeurs ont fourni à l’Europe près de 1 943 professionnels aucours de la même année. Ce chiffre ne prend pas en compte ceux ayant acquis la double nationalité encore appelé diaspora africaine. Ces départs massif vers un nouvel Eldorado pourrait vraisemblablement être revu à la baisse si un tel projet venait à voir le jour sur le sol africain.
– La Limitation du changement de nationalité des milliers de Footballeurs d’origine africaine au profit des Nations européennes.
Ils sont des milliers nés, formés en Afrique qui, une fois en Europe choisissent de défendre les couleurs de la Nation d’accueil au détriment de celle d’où ils viennent. Tenez par exemple dans l’effectif de la France championne du Monde en 2018, 14 joueurs sur les 23 sont d’origine africaine. Lors de l’euro 2016 en France et remporté par le Portugal, 43 le sont également. Souvenons-nous de l’auteur de l’unique but qui donne le titre au pays de Cristiano Ronaldo. Une situation qui certainement contribue à affaiblir les sélections africaines et inversement à renforcer celles de l’Europe. Regardons à quoi pouvait ressembler la sélection de la RDC si tous ses fils avaient tous choisi de défendre ses couleurs. Steve MANDANDA, Jordan LUKAKU, Aaron Wan Bissaka, Jason DENAYER, Presnel KIMPEMBE, Edzri KONSA, Axel TUANZEBE, Michy BATSHUAYI, Christian BENTEKE, Aldo KALULU, Romeu LUKAKU. UN 11 quasi favoris à un mondial. Côté malien, Moussa CISSOKO, NGOLO KANTÉ, OUSMANE DEMBELE, ADAMA TRAORÉ,: imaginez une sélection malienne avec ces joueurs. De pareils exemple il y en a. La création d’une Super Ligue africaine ne pourrait-elle pas changer la donne?
– L’ augmentation des recettes financières des clubs africains
Comme l’expliquait FAROUK KATTOU le Secrétaire général de l’espérance de Tunis sur Jeune Afrique, le seul moyen pour son club de réaliser des bénéfices était de remporter la Ligue des Champions et d’empocher 2,17millions d’euros un montant revue à la hausse par la CAF en 2017 alors 1,3millions d’euros avant. Le dirigeant tunisien affirmait alors que son club faisait plus de dépenses que de recettes pour un tout autre résultat que la victoire finale en C1 africaine. Le cas similaire se produisait aussi au TP Mazembe club congolais. Difficile pour la Confédération Africaine de Football de faire plus dans un continent où les droits TV ne représentent pas grand chose et où les liaisons aériennes compliquées ne facilitent pas les voyages des équipes, ce qui asphyxie très souvent les patrons de clubs. Pour toutes ces raisons, la création d’une »SUPER LIGUE AFRICAINE » pourrait certainement s’avérer être une vraie bouffée d’oxygène pour le foot africain. Une telle compétition permettrait d’améliorer le modèle économique de ce football déjà mal en point malgré l’arrivée à sa tête du milliardaire MOTSEPE. la créée pourrait aussi permettre aux clubs de s’attirer de meilleurs talents ce qui rendrait service aux selections et sans doute rendre le football africain plus attractif. La « SUPER LIGUE » peut être une solution pour l’Afrique.

Par Éric Billong

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