Cameroun, le leurre de la «restructuration»

Sortie piteusement au premier tour de la Can U17 qui se joue au Niger, l’équipe nationale des cadets du Cameroun a regagné le bercail lundi 23 février en toute discrétion. Un échec du essentiellement à un manque de préparation adéquate. La direction technique nationale avait élaboré un programme qui prévoyait deux stages d’acclimatation au Tchad et au Niger assorti des matches amicaux. Las ! L’équipe est restée clouée au centre technique de Mbankomo où elle n’a pu livrer que deux semblants de matches de préparation contre des équipes de D2 de Yaoundé, et le coach Joseph Atangana n’avait cessé de crier que «les enfants n’ont même pas d’eau à boire» pendant les entrainements.

Pendant ce temps, le comité de normalisation de la Fécafoot dirigé par l’ancien ministre Joseph Owona accompagnait les Lions indomptables à la Can foireuse en Guinée équatoriale, avec le slogan trompeur de la «restructuration», sous prétexte que le sélectionneur Volker Finke avait amené de jeunes joueurs anonymes à cette compétition majeure dont trois pensionnaires de centres de formation en Europe qui ont chacun perçu 30 millions de F Cfa de prime de participation à cette Can 2015.

Pendant ce temps encore, le football des jeunes ne se joue pratiquement pas au Cameroun. Pas de championnats des juniors, des cadets ou des minimes. Juste quelques tournois privés, de temps en temps des regroupements au petit bonheur la chance et une foultitude d’écoles de football qui essaiment sans contrôle dans les rues. Pour un pays qui fut pourtant pionnier dans la formation des jeunes footballeurs avec la création de l’Ecole de football des Brasseries du Cameroun au début des années 1990 d’où sortirent de futurs internationaux  renom doubles champions d’Afrique seniors en 2000 et 2002 : Rigobert Song, Gérémi Njitap, Pierre Wome, Samuel Eto’o…

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