La ligue de football professionnel prise à son propre piège

Au terme de la 6ème journée du championnat national professionnel de Ligue 1 disputée dimanche 15 mars 2015, le surprenant promu Lion blessé de Fotouni occupe toujours la première place du classement après sa victoire sur l’autre promu, Botafogo de Douala, et qui totalise désormais 16 points, soit quatre de plus que le second, Yong Sport Academy.

Mais on se demande bien si tout cela ira jusqu’à la fin à la 36ème journée, pas pour le leader mais pour tout le championnat. Ils ne sont plus que 17 clubs sur 18 en course dans la compétition, Sable de Batié ayant déjà été déclaré forfait général. Et vendredi dernier face à la presse, le général Pierre Semengue, président de la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC) a exprimé sa crainte de voir d’autres clubs rendre le tablier faute de moyens financiers. Le gouvernement s’était engagé à financer les clubs pour les trois premières saisons du championnat professionnel, à hauteur de 560 millions de F Cfa par an, quitte à la LFPC et à ses clubs de trouver d’autres moyens pour la suite. La promesse gouvernementale a été tenue, mais la Ligue n’a plus jamais pu trouver d’autres sources de recettes. Pire, pour contenter ses adhérents, notamment les clubs mythiques Canon et Tonnerre alors menacés de relégation, elle a fait passer le nombre de clubs de 14 à 18 il y a deux ans, au moment où le sponsor du championnat MTN se retirait et que la fin de la subvention étatique approchait. M. Semengue, non issu lui-même d’un club à ce moment là quoiqu’ancien
président du Tonnerre Kalara club de Yaoundé, avait été nommé par les pouvoirs publics pour assurer la transition pendant deux ans. Mais le voilà dans une longue prolongation, en train de boucler sa quatrième saison à la tête de la LFPC. Pour justifier le passage à 18 clubs en Ligue 1 et en Ligue 2, il explique que « les clubs ont besoin de 50 matches par saison pour être compétitifs« , et pourtant la Ligue avait rejeté la possibilité d’un championnat à 12 clubs suivi des play-offs.

Conséquence, le cahier de charges des clubs n’a jamais été respecté. Et bientôt, pour en rajouter à la calamité du football dit professionnel au Cameroun, les 36 clubs professionnels -pour ceux qui
vont tenir jusqu’à la fin- évolueront uniquement sur de terrains vagues, les stades omnisports de Yaoundé, Douala et Bafoussam devant être fermés en vue de leur réfection pour la Can féminine 2016. Même la reconduite de la subvention de l’Etat accordée n’est pas encore entrée en vigueur. Et on n’en est qu’à la 6ème journée…

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